Stimulateurs Cardiaques compatible avec l'IRM

Ameliorer l’accès aux diagnostics pour les patients

Les stimulateurs cardiaques compatibles avec l’IRM améliorent l’accès aux diagnostics pour les patients

Chaque année, au Canada, plus de 25 000 stimulateurs cardiaques et défibrillateurs internes1 sont implantés et, selon le Journal canadien de cardiologie, plus de 200 000 Canadiens portent un stimulateur cardiaque permanent ou un défibrillateur implantable2. On prévoit que la demande pour ces dispositifs augmentera constamment en raison du lien entre le vieillissement de la population et les indications qui les requièrent, comme la bradycardie, ainsi que des changements démographiques au Canada.

Jusqu’en 2012, les fabricants de stimulateurs cardiaques et d’équipement d’IRM avisaient les médecins de ne pas soumettre à un examen d’IRM les patients porteurs d’un stimulateur cardiaque, car l’exposition au champ magnétique pouvait perturber le système électronique du stimulateur et brûler les tissus environnants.

Le stimulateur cardiaque d'Alan est compatible avec l'IRM.

Le stimulateur cardiaque d'Alan est compatible avec l'IRM, ce qui fut un grand soulagement lorsqu'il a appris qu'il en aurait besoin pour diagnostiquer des anomalies au foie.

Par conséquent, un examen d’IRM était généralement hors de question pour les patients portant un stimulateur cardiaque. Toutefois, une étude publiée dans le Japanese Heart Journal a démontré qu’un examen d’IRM est demandé par un médecin pour 17 % des patients porteurs d'un stimulateur cardiaque dans les 12 mois suivant son implantation.

Il y a quatre ans, tout a changé quand Medtronic a introduit Advisa, le premier stimulateur cardiaque compatible avec l’IRM ayant été conçu et testé pour l’utilisation avec de l’équipement d’IRM tel qu’indiqué sur l'étiquette et approuvé par Santé Canada. Les patients qui possèdent un stimulateur Advisa peuvent se soumettre à des examens de tout le corps en se positionnant de n'importe quelle manière dans l’appareil d’IRM.

Depuis, les médecins comme le Dr Vikas Kuriachan, cardiologue-électrophysiologue au Libin Cardiovascular Institute of Alberta de l’Université de Calgary, doivent décider quels patients sont les meilleurs candidats à l’obtention d’un stimulateur cardiaque ou d'un défibrillateur implantable compatibles avec l’IRM.

Les statistiques offrent de forts arguments pour l’emploi de dispositifs compatibles avec l’IRM. Le Dr Kuriachan rapporte que jusqu’à 10 % de la population canadienne pourrait passer un examen d’IRM chaque année. « Plus particulièrement dans le cas des patients qui ont un dispositif cardiaque implantable, on estime que 50 % à 75 % devront passer un examen d’IRM au cours de leur vie, pour une multitude de raisons. Les examens d’IRM sont un outil essentiel dans le diagnostic des problèmes affectant les systèmes nerveux, musculo-squelettique et même cardiaque. Ces problèmes comprennent les accidents vasculaires cérébraux, les tumeurs cérébrales et, parfois, des problèmes plus communs, comme des douleurs au dos ou aux articulations. Nous voulons donc être préparés à ces éventualités. »

De plus, l’IRM est la méthode d’imagerie privilégiée pour l’examen des tissus mous, car elle offre une image plus détaillée que d’autres méthodes, comme la tomodensitométrie ou l’échographie. « Un examen d’IRM peut générer des images qui ne peuvent être obtenues avec d’autres techniques d’imagerie, en particulier dans le cas de certaines tumeurs cérébrales, certains accidents vasculaires cérébraux qu’on ne pourrait voir autrement, ainsi que certains problèmes affectant la colonne vertébrale, les articulations et les muscles », dit le Dr Kuriachan.

La réticence historique à soumettre les patients porteurs d’un stimulateur cardiaque à un examen d’IRM pour des raisons de sécurité était effectivement fondée. « Je crois qu’il faut d’abord garder à l’esprit que ces dispositifs sont conçus pour être compatibles avec l’IRM, ajoute-t-il. Sans compter que beaucoup d’études, dont des études cliniques, montrent qu’ils peuvent être utilisés de façon sécuritaire dans un environnement et des conditions d’IRM appropriés. » Il souligne également qu’en 2014, la Société canadienne de rythmologie et l’Association canadienne des radiologistes ont publié un consensus conjoint sur les procédures à suivre pour soumettre un patient porteur d’un stimulateur cardiaque compatible avec l’IRM à un examen d’IRM. En somme, le Dr Kuriachan croit qu’au-delà des bénéfices du diagnostic, les dispositifs compatibles avec l’IRM sont plus efficaces et améliorent les soins prodigués aux patients. « L’IRM peut offrir des avantages que les autres méthodes d’imagerie n’offrent pas, comme l’établissement d’un diagnostic qui peut être établi par IRM, mais pas nécessairement à l’aide d’autres méthodes d’imagerie. Donc, les patients porteurs d’un dispositif compatible avec l’IRM pourront se soumettre à l’examen d’IRM et connaître leur diagnostic après un seul examen. Autrement, ils pourraient devoir subir plusieurs examens sans même recevoir de diagnostic. »

Alan, un patient de Calgary, est un bon exemple. Ancien employé du gouvernement, il a souffert d’un petit accident vasculaire cérébral. Après avoir passé un échocardiogramme et une échographie de l’artère carotide, il a découvert qu’il était atteint de fibrillation auriculaire. D’autres examens ont révélé que son pouls descendait aux environs de 30 battements par minute, un problème auquel on pouvait remédier avec un stimulateur cardiaque.

« Je n’avais aucune idée à ce moment-là qu’il existait des dispositifs compatibles avec l’IRM. Il ne m’est jamais venu à l’esprit qu’il y avait différents types de stimulateurs cardiaques. J’ai simplement fait confiance à mon cardiologue pour choisir le stimulateur idéal pour moi », dit-il en se remémorant le moment où il a fallu choisir son dispositif.

Alan a eu de la chance. Une épreuve d’effort et un examen de tomodensitométrie ont permis de découvrir des anomalies relatives à son foie. Plus tard, une échographie a aussi révélé un problème de pancréas qui ne pouvait être diagnostiqué qu’à l’aide d’un examen d’IRM.

« Je n’aurais jamais pensé que mon stimulateur cardiaque m’empêcherait de passer un examen d'IRM, dit Alain. Mon médecin de famille savait toutefois que je portais un stimulateur cardiaque compatible avec l’IRM. Si j’avais porté un stimulateur cardiaque non compatible avec l’IRM, je me serais probablement senti lésé, car que je sais que les examens d’IRM sont très importants pour le diagnostic de certaines maladies. »

À la lumière des avancées relatives aux technologies de stimulateurs cardiaques et aux capacités diagnostiques des appareils d’IRM, l’espoir pour les patients comme Alan est que de plus en plus de médecins, de cardiologues et de techniciens en IRM s’informeront au sujet des dispositifs compatibles avec l’IRM afin que leurs patients puissent aussi bénéficier à la fois des stimulateurs cardiaques et des examens d’IRM.

Auteure : Melicent Lavers-Sailly, chef des Relations publiques et des Communications de Medtronic Canada.

Reproduit avec la permission de Hospital News 


References

1

Crysler data – 24,768 in 2014