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Ça bouge dans le diagnostic de la syncope !

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Ça bouge dans le diagnostic de la syncope !

Les dernières recommandations de la Société Européenne de Cardiologie (ESC) dataient de 2009 et nécessitaient d’être réactualisées. Voilà qui est fait. Parmi les nouveautés : la recommandation upgradée1 au plus haut niveau de preuves (1A) du moniteur cardiaque implantable dans le cadre de l’exploration de la syncope inexpliquée. Le moniteur cardiaque implantable (RevealTM)2 devient ainsi indiqué en première intention dans le diagnostic de ces syncopes et des pertes de connaissances transitoires.

« Les experts l’implantaient déjà en première intention, mais ce n’était pas le cas de tous dans la pratique clinique courante », observe le Dr Olivier le Vavasseur, chef du pôle cardiologie à l’Hôpital Villefranche-sur-Saône. « En France, le taux d’implantation est extrêmement bas en comparaison avec nos voisins européens, alors qu’on sait qu’en utilisant un Holter sous-cutané après une évaluation clinique systématique non informative devant une syncope typique, on peut retrouver la cause dans 70 % des cas. Il est temps de revoir nos pratiques ; ces recommandations3 nous y invitent et elles sécurisent la pratique des médecins qui les appliquaient déjà. »

L’algorithme mis en œuvre

L’ESC grave donc dans le marbre ce que de nombreux médecins ont déjà initié. En pratique, l’algorithme est le suivant. « Le bilan étiologique d’une syncope repose sur la recherche d’une anomalie électrocardiographique à l’état basal (BAV1, BBG, BBD et HBAG) et d’une cardiopathie morphologique sur les données échographiques. En présence de l’un ou l’autre ou des deux critères énoncés ci-dessus, une exploration électrophysiologique à visée conductive sera réalisée en première intention. En cas de normalité de cette dernière, un Holter sous cutané sera implanté. Chez les patients ne présentant ni anomalie électrocardiographique ni cardiopathie morphologique, un Holter sous cutané sera implanté en première intention », précise le Dr le Vavasseur.

Autres nouveautés parmi les recommandations de l’ESC : l’intégration d’études clarifiant l’indication de la stimulation cardiaque. « Tout ce qui concerne la prise en charge par les médecins urgentistes est désormais beaucoup plus détaillé », ajoute le Pr Jean-Claude Deharo, chef du service Cardiologie-Rythmologie à l'hôpital de la Timone, qui a participé à la révision des recommandations. « On a également intégré un algorithme qui permet de sélectionner les thérapies médicamenteuses dans la syncope réflexe. Par ailleurs, on a incité les témoins d’une syncope à prendre des photos, via Snapchat par exemple, au moment des malaises. Enfin, l’addendum contient de très nombreux documents utiles aux médecins et aux patients. Par exemple, ils indiquent comment réaliser un test d’inclinaison ou un test du système nerveux autonome. »


Références

1

Syncope (Guidelines on Diagnosis and Management of) - ESC Clinical Practice Guidelines. Mars 2018

2

Reveal XT et Reveal LINQ™ sont des dispositifs médicaux implantables actifs (DMIA) fabriqués par Medtronic - CE N°0123. 
Ces dispositifs programmables sont destinés à surveiller l’ECG sous-cutané en continu et sont indiqués dans les cas suivants : 
• Patients présentant des syndromes cliniques ou se trouvant dans des situations présentant un risque accru d’arythmie cardiaque 
• Patients présentant des symptômes transitoires pouvant suggérer une arythmie cardiaque.
Le Reveal XT est inscrit sur la LPPR (code 3494066) pour les indications de diagnostic étiologique des syncopes inexpliquées et des accidents ischémiques cérébraux cryptogéniques.

Le Reveal LINQ n’est pas inscrit sur la LPPR.

Lire attentivement la notice avant toute utilisation.