Hernie discale Votre santé

À la découverte de la salle d'opération et des techniques chirurgicales

DES ÉQUIPEMENTS AU SERVICE DE LA SÉCURITÉ DU PATIENT

Le bloc opératoire se compose de différents matériels appelés équipements au service du bon déroulé de l’intervention chirurgicale. 

Certains de ces équipements permettent d’acquérir des images radiographiques qui seront utiles au chirurgien durant l’opération :

  • amplificateurs de brillance : permettent des clichés en 2D, comme une radiographie classique. Technologie traditionnelle, peu précise mais suffisante pour certains cas.
  • système d’imagerie au bloc opératoire : plus perfectionnés que les amplificateurs de brillance, ces systèmes permettent une visualisation 3D de l’anatomie du patient avant, pendant et à la fin de la chirurgie, directement dans le bloc opératoire. 
  • scanner : situé dans le département de radiologie, il permet une imagerie 3D précise mais nécessite la sortie du bloc opératoire.

Le chirurgien, en fonction du patient, déterminera l’imagerie la plus adaptée.

Depuis quelques années, certaines technologies visant à assurer plus de précision et de sécurité se développent dans les salles d’opération. 

Intérêt de ces technologies pour la chirurgie du dos

Certains établissements investissent dans les dernières générations de technologie chirurgicales, parmi lesquelles :

Une chirurgie assistée par ordinateur grâce à la navigation 

Ce système d’imagerie fonctionne avec un système de navigation chirurgical (sorte de GPS) afin de permettre au chirurgien de guider et contrôler le positionnement des dispositifs médicaux comme les vis ou bien les cages intersomatiques. L’utilisation de techniques d’imagerie est de plus en plus perfectionnée dans le but de permettre à l’équipe médicale de planifier avant l’opération quel est le positionnement optimal des dispositifs médicaux. Ensuite, pendant l’opération, cela vise à contrôler en temps réel, grâce à un écran, le déroulement de l’intervention chirurgicale, le trajet des instruments chirurgicaux et ainsi ajuster le positionnement des implants en fonction de l’anatomie. 

On pourrait comparer cela au pilote d’avion qui prépare son vol et est ensuite assisté d’instruments de navigation. 

Le contrôle de l’intégrité nerveuse 

Les racines des nerfs qui vont dans les membres émergent de la moelle épinière et sortent de la colonne vertébrale. Il est donc important de contrôler l’intégrité des nerfs pendant une opération du dos. L’objectif du chirurgien est d’atteindre la vertèbre malade sans léser les nerfs et la moelle épinière. Pour ce faire, il peut utiliser un appareil qui est constitué de capteurs positionnés sur le patient qui vont suivre et détecter l’activité des nerfs tout au long de l’opération dans le but de pouvoir dépister précocement toute anomalie au niveau des nerfs et réagir immédiatement en conséquence.

Outils de coagulation du sang

Ils permettent de réduire les pertes sanguines en favorisant le rétrécissement des petits vaisseaux sanguins lors de l’opération, ils limitent de ce fait le risque de transfusions. 

Les outils classiques fonctionnent à haute température, ce qui amène une coagulation rapide cependant cela peut parfois causer l’endommagement des tissus adjacents. Les nouvelles technologies fonctionnent à température basse dans l’objectif de préserver les tissus de la carbonisation et de favoriser la cicatrisation après l’opération. 

LES TECHNIQUES MINI-INVASIVES : QUEL INTÉRÊT ?

Les indications de la chirurgie du dos sont nombreuses : hernies discales, disques abîmés, compression des racines nerveuses… Le véritable défi pour le chirurgien est d’atteindre les vertèbres ou les disques à réparer sans léser les nerfs, la moelle ou les vaisseaux environnants.

Les approches chirurgicales, classiques, dites ouvertes (open) impliquent souvent de devoir désinsérer des muscles attachés à la colonne pour permettre au chirurgien de bien voir la zone à opérer. Ceci se fait aussi en écartant largement les structures proches de la colonne : peau, muscles...

Cette chirurgie ouverte entraine parfois des pertes sanguines durant l’opération et généralement plus de douleurs postopératoires...

Depuis quelques années, il existe de nouvelles approches considérées comme plus respectueuses des structures adjacentes de la colonne vertébrale (muscles, ligaments, etc.) : les voies d’abord mini-invasives.

La chirurgie dite mini-invasive vise à réduire au maximum le "traumatisme" opératoire.

Quand elles sont applicables, ces techniques présentent plusieurs intérêts.

Les techniques mini-invasives permettent d’accéder à la zone à opérer à travers une ou plusieurs petites incisions au niveau de la peau. Elles réduisent les lésions musculaires créées par la nécessité de détacher les muscles attachés à la colonne dans les chirurgies ouvertes.

Les techniques mini-invasives permettent ainsi de diminuer :

  • les saignements durant l’intervention : moins de transfusions,
  • les douleurs postopératoires associées aux gestes chirurgicaux : moins d’antidouleurs,
  • et la durée du séjour hospitalier*.

Moins traumatiques que les techniques classiques, elles ont pour objectif une récupération plus rapide1.

On distingue 2 grands types de techniques mini-invasives :

  • les techniques percutanées ne nécessitant qu’une ou plusieurs ouvertures de très petite taille au niveau de la peau ;
  • les techniques mini-invasives où des incisions de seulement 2 à 4 cm sont nécessaires pour passer instruments et matériel et utilisant des systèmes permettant d’écarter les muscles de manière à mieux respecter l’anatomie.

Ces techniques mini-invasives font souvent appel aux techniques radiologiques durant l’intervention afin de suivre avec précision le déroulement de celle-ci.

Le choix de la technique est fait par le chirurgien en fonction de la pathologie, de l’état de santé du patient, etc.


Référence

1

Mankin KP, Moore CA, Miller LE, Block JE. Hemostasis with a bipolar sealer during surgical correction of adolescent idiopathic scoliosis. J Spinal Disord Tech.

2012;25(5):259-263.